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mercredi 3 mai 2017

Le symptôme addictif : une clé céleste à décoder et à remercier




Capsule vidéo Youtube ajoutée le 3 Mai 2017

Résumé :

Dans notre société actuelle, la prise en charge médicale des addictions reste très lacunaire. Ce biais est fortement lié à la méconnaissance de la fonction du trouble dans les possibilités d'avancement.

Et si je vous disais que dans le cœur de ce symptôme se trouvait, encore une fois, la clé de l'énigme ! En séance, je demande aux consultants d'interroger leur verre, leur joint, leur anorexie comme des amis baromètres ! Et non, ce n'est aucunement une provocation mais une heureuse réalité !

Au cœur de sa dépendance, le sujet détient l'expérience libératrice. Bien sûr, le symptôme n'est pas invité à s'éterniser ! Il doit toutefois être remercié par rapport au cadre fonctionnel qu'il cherche à installer ! Ainsi, dans la vignette clinique proposée, vous découvrirez la manière dont une consultante a réalisé un travail de lâcher-prise grâce aux contraintes imposées par l'alcool. 

Une notion essentielle à comprendre : l'addiction ne s'alimente pas d'elle-même. C'est la culpabilité qui l'entretient ! Nous voyons ainsi la manière dont les sevrages actuels proposés sont non pertinents. L' addiction est appréhendée de manière phobique dans le milieu médical. Il faut l'enrayer le plus rapidement possible. C'est insensé car à vouloir être trop bienveillant, les soignants se privent de la solution !

Le symptôme addictif, comme tout symptôme, crée le cadre des expériences correctrices. Le symptôme ouvre le champ des possibles et donne accès "aux ingrédients" révélateurs de la problématique. Cette lecture systémique est essentielle afin de sortir le consultant de la culpabilité à ne pouvoir s'extraire de ses troubles rapidement. Normal qu'il n'y parvienne pas ! Il ressent que son être intérieur ne le veut pas puisque le symptôme est le chemin d'avancement !

L' enrayer, c'est se priver de la solution. L' addiction tirera sa révérence lorsque le souffrant sera suffisamment familiarisé au cadre fonctionnel que le trouble aura généreusement mis en place. Dans cette perspective, nous pouvons réaliser la manière dont les rechutes ponctuelles sur le chemin d'avancement sont logiques et nécessaires. Chaque étape dépassée engendre une tension source de régressions addictives ponctuelles.

L' acceptation de ce processus "paradoxal et unitaire" est important afin d'accompagner le sujet sans le culpabiliser. N'oublions pas que c'est la culpabilité qui freine l'avancement et non le symptôme !

Ce regard systémique et pragmatique rejoint alors la pensée des sages : " accueillir " "connoter positivement" la souffrance pour la dépasser. Au travers de récits cliniques, je vous invite à constater la manière dont la réalité interactionnelle et tridimensionnelle met merveilleusement en relief cette vérité spirituelle et multidimensionnelle ! Bon voyage systémique !

mardi 17 juin 2014

Interview dans la revue du Cercle Psy

« Dans une perspective systémique, le patient porte le stress de son groupe, tout en le niant. C’est une position sacrificielle, dont il faut le désengager progressivement », recommande la psychologue clinicienne Adeline Gardinier, dans son ouvrage Aider le patient à sortir de la crise : une méthode psychothérapeutique. Le patient est un soignant qui s’ignore (De Boeck, 2013).

Prescrire le symptôme pour mieux s’en débarrasser lui semble une démarche parfois nécessaire, mais insuffisante sans un long travail pédagogique. « Pour moi, le symptôme est le début de l’avancement : chaque patient a instinctivement tenté de mettre en place la bonne solution, mais s’est arrêté, parce que le symptôme ou le discours des soignants l’ont déstabilisé. » Il faut donc expliquer en quoi le symptôme n’est pas mauvais en soi, le valoriser et le décrypter. « Si on n’explique pas en quoi le symptôme peut l’aider, le sujet peut ne pas se sentir entendu. »

Adeline Gardinier travaille donc avec ses patients à ce qu’elle appelle un « récit paradoxal », c’est-à-dire un long travail d’élaboration qui va de pair avec l’instauration du lien thérapeutique. « On propose au patient une représentation de la systémique qu’il puisse comprendre. Les deux dimensions constructrices du trouble lui sont présentées. D’une part, le symptôme permettrait la construction d’interactions plus adaptées. D’autre part, il éviterait des changements trop rapides et donc trop chaotiques. »

La compréhension et l’acceptation du symptôme entraînent, selon Adeline Gardinier, sa recrudescence provisoire, et donc une première phase d’aggravation que les soignants doivent contenir. C’est ce nouveau mode d’expression du symptôme qui doit paradoxalement aboutir à l’amélioration du patient.